top of page
Rechercher

Jour 6 – Terrasses et fluorescence

La nuit aussi, il se passe des choses. Comme il n'y a pas de murs, les sons de la forêt nous parviennent très bien. Les singes hurleurs appellent, Éric a même entendu la chute d’un arbre. C’est d'ailleurs un des plus grands dangers dans la forêt : se trouver sur la trajectoire d’un arbre qui tombe.


Notre carbet de nuit
Notre carbet de nuit

Mais nous étions en sécurité, confortablement installés dans nos hamacs, à l'abri de notre carbet. D'ailleurs! On ne vous avait pas encore montré à quoi ressemble notre espace pour la nuit: un hamac et sa moustiquaire, un petit duvet car il fait frais la nuit, un toit pour se protéger de la pluie... et pas de murs! Voilà le carbet de nuit.


Ce matin, on attend le lever du jour, vers 6h30 pour sortir du hamac et effectuer notre première sortie. Nous prenons le layon « terrasse » qui mène sur le flanc de l’inselberg. Nous commençons dans la forêt, encore bien sombre à cette heure et prise dans la brume. Puis nous allons traverser trois vallons et trois criques, sur de grandes dalles de granite rendues glissantes par l’humidité. Petit à petit, nous montons, les grands arbres laissent la place à de plus petits. Puis soudain, c’est le rocher très sombre, il n’y a que des buissons et de petits ananas sauvages. La roche encore très humide est particulièrement glissante, heureusement il y a des cordes qui nous permettent d’atteindre un endroit où l’on s’assoit.


Traversée de crique pour aller aux terrasses
Traversée de crique pour aller aux terrasses

Nous sommes au-dessus de la brume, nous attendons qu’elle se lève en admirant la vue dans la belle lumière du matin. Au-dessus de nous les dernières pentes de l’inselberg, c’est magnifique.

On sort de la forêt et la vue se dégage
On sort de la forêt et la vue se dégage


Des colibris nous visitent, Éric trouve un engoulevent, bien camouflé sur la roche.  Et puis il nous faut rentrer, il est 8h mais le soleil tape déjà fort. À peine arrivés au camp, Bran appelle: il y a des singes hurleurs en vue!

Est-ce que tu arrives à voir le singe hurleur?
Est-ce que tu arrives à voir le singe hurleur?

Il est temps de petit déjeuner et on a déjà l’impression d’avoir vécu plusieurs journées! En fin de matinée, nous passons du temps avec Romain, Bernd, Serge et Camille: c’est la nouvelle équipe de scientifiques. Ils étudient la fluorescence des animaux, des champignons, des plantes… ils ont collecté quelques spécimens et ils les analysent dans la petite salle laboratoire. Vous en saurez plus en vidéo bientôt, voici quelques informations et images. On éclaire avec une lampe à ultraviolets et l’animal (ou la plante) réémet une lumière visible, cela peut être du rouge, du jaune, du bleu… c’est très spectaculaire la nuit.. Le laboratoire est plongé dans le noir pour faciliter les mesures, l’ambiance est un peu mystérieuse. Quel est le rôle de cette fluorescence, c’est une des questions que se pose l’équipe. Et nous en profitons pour faire l’interview de Camille, à retrouver bientôt!

 

Scorpion éclairé par une lumière ultraviolette et qui émet une lumière bleue
Scorpion éclairé par une lumière ultraviolette et qui émet une lumière bleue

Après le repas, nous partons en repérage avec eux. Ils font le chemin une fois de jour avant d’y retourner la nuit qui est le moment le plus favorable pour repérer la fluorescence. On voit un groupe de singe araignée (ou singes atèle): c’est la troisième espèce qu’on observe! La pluie nous fait rebrousser chemin mais les scientifiques poursuivent courageusement.

 

Après le repas nous repartons avec les scientifiques pour rechercher des animaux ou les plantes qui fluorescent. La recherche de tels organismes n’avait jamais été faite dans la forêt des Nouragues. Les scientifiques tentent d’effectuer un inventaire avec la possibilité éventuellement de trouver une nouvelle espèce fluorescente et par la suite de déterminer peut-être de nouvelles molécules fluorescentes.

Nous marchons de nuit, faiblement éclairés par les lampes UV, les yeux protégés par des lunettes spéciales à la recherche d’espèces fluorescentes. C’est très impressionnant ! Certaines plantes fluorescent rouges, certains animaux comme les scorpions ou des araignées sont d’un blanc ou bleu éclatant! De nombreux animaux jusque là pratiquement invisibles se révèlent sous une couleur vive.

Un scorpion éclairé en lumière UV.
Un scorpion éclairé en lumière UV.

Nous observons également une énorme grenouille et un serpent rouge/orangé spectaculaire.

Après 2h de marche, nous revenons au camp bien fatigués. Les scientifiques eux vont continuer leur recherche une bonne partie de la nuit avant de poursuivre par de longues séances au laboratoire pour effectuer les mesures de fluorescence.


Notre voyage en Guyane jour par jour en moins de 2 minutes (ou presque).


 
 
 

Commentaires


bottom of page